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BIGOT de MOROGUES


Tactique navale, ou Traité des Evolutions et des signaux

2 500,00 €

Disponibilité: En stock

Description de l'ouvrage

Avant de publier cet ouvrage, Bigot de Morogues avait utilisé son manuscrit pendant quelques années pour instruire les gardes de la marine de Brest. La première partie traite des évolutions navales et la seconde des signaux et ordres généraux (de jour, de nuit, et par temps de brume), par lesquels une armée navale doit connaître tous les mouvements qu'elle doit exécuter. L'ouvrage de Bigot de Morogues reflète parfaitement le formalisme qui existait à cette époque dans la tactique navale française et européenne. Dès la fin de la guerre de Succession d'Espagne, une volonté générale de prudence se manifeste. Par souci d'éviter les aléas des manoeuvres des débordements (batailles du Texel en 1673 et de Beveziers en 1690), les tentatives de concentration contre la flotte adverse deviennent de plus en plus rares dans toutes les marines et l'on impose partout la rigidité de la ligne de file et la discipline de feu. De Velez Malaga (1704) à Minorque (1756), les batailles se résument en d'interminables évolutions pour profiter des avantages du vent, suivies d'une canonade stérile entre deux lignes parallèles. Ce formalisme règne surtout en France depuis le Traité de 1696 du père Hoste, mais aussi en Espagne et, dans une moindre mesure, en Angleterre. Ce formalisme finit par conduire à une déviation stratégique. On admet que le succès d'une rencontre tient essentiellement à une supériorité de moyens qui oblige l'adversaire à rompre ou à refuser le combat et qu'il est possible de réaliser de grandes opérations sans avoir à livrer bataille. Cette stratégie de "non bataille" contribue en outre à renforcer le scepticisme de nombre de chefs d'escadre, la passivité, le manque d'ardeur de bien des officiers (dislocation de l'escadre de Conflans lors de la bataille des Cardinaux de 1759; bataille manquée de Trinquomalé de 1782; défaite des Saintes de 1782). Ce déplorable procédé qui défendait à un amiral d'employer les forces sous son commandement, qui l'envoyait à l'ennemi avec l'ordre de recevoir plutôt que de commencer l'attaque, et qui avait pour mission d'agir avec la plus grande circonspection, fut une des causes du manque de discipline, des défections effrayantes, qui signalèrent les époques de Louis XVI, de la Révolution et de l'Empire. Les conflits limités du XVIIIè siècle, exempts d'acharnement, expliquent, dans une large mesure, l'attachement général à la ligne de fil rigide, le combat à distance en formation parallèle qui, s'il ménage le personnel et le matériel et évite de grands désastres, ne permettent pas de remporter la bataille décisive. Dans ces conflits dépourvus de caractère national ou idéologique, le manque de passion se traduit par l'absence de combativité et de volonté de détruire l'ennemi. A cet égard, les guerres de la révolution et de l'empire vont constituer un tournant décisif.

Informations complémentaires

Auteur(es) BIGOT de MOROGUES
Éditeur Paris, H. L. Guérin & L. F. Delatour
Date d'édition 1763
Format in 4°
Reliure veau ancien
Collation 2 ff.n.ch. - X - 480pp. - 1 feuillet blanc- 1 fnch. , 49 planches